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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 21:18
On s'est séparé jeudi matin. Vous partiez travailler, j'avais congé. Je ne devais plus vous voir pendant tout un mois. Vous m'aviez parlé de vos voyages d'affaires, vous partiez lundi 17, aviez tant de choses à faire dans l'intervalle. J'étais prête. J'allais vous attendre tout un mois. Pleine de l'espoir de vous revoir.

J'ai été promener au bord du lac. Une journée splendide. J'ai fait des photos.

J'ai continué ma vie. Entre deux pensées de vous.

Puis dimanche, votre SMS. Vous avez envie de me voir. Un moment. Entre deux activités. Je viens, bien sûr je viens. Vous n'êtes pas habillé. Pas rasé. Je suis vite deshabillée. Vous aimez me prendre sur votre canapé. Derrière moi. J'aime ça aussi. Vous aimez beaucoup. Vous avez de la peine à vous retenir. Je vous invite à venir en moi. J'aime tant sentir ces quelques secondes d'abandon.

Puis vous faites des asperges. Nous mangeons en écoutant West Side Story. Vous me racontez des histoires. J'adore vous écouter.

Plus tard, vous me reprenez. Dans la salle de bains. Vous êtes derrière moi. Me regardez dans le miroir. Je vous regarde me regarder. Puis je me retourne, vous fais face, assise sur le lavabo. Pour la première fois, je vous entend dire "tu es belle". Vous ne saurez jamais l'effet que m'ont fait ces quelques mots. Moi qui ignorais ce que vous pensiez, si vous aimiez quelque chose de moi. Comme du miel qui coule à l'intérieur de moi. Immense douceur.

Plus tard encore, je découvre votre balcon. Vous dites "c'est très agréable de manger là le soir en été, tu verras ... enfin ... si ... on se voit encore". Première fois que tu esquisses légèrement un avenir possible.

Je suis repartie un peu plus tard, te laissant à cette tonne de choses à faire avant ton départ. Dans la soirée, tu m'as appelée : tu m'as dit que tu avais eu un coup de blues après mon départ, que tu t'étaits couché un instant, que tu avais dormi tout l'après-midi...

Oui, je sais, tu as passé une nuit merdique. Boucler tes dossiers, boucler ta valise, en silence, dans la nuit où tous dorment. Oui, je comprends que tu as déprimé. Oui, je devine que le sommeil ne venant plus tu as gambergé. Oui, j'imagine que tu t'es demandé ce que tu foutais avec moi, où cela te mènerait.

Je me suis réveillée à 6 heures pour t'écrire :"Je te kiss grave".
Tu me réponds à 6h43 : "Genève. Contrôles. Sécurité. Pas dormi. Je cours. Baisers pas graves. J'veux pas qtu m'aimes. ;-)"
Tu ne sauras jamais l'effet de ces derniers mots. Je prends une immense baffe, là, assise au milieu de mon lit.
Je t'écris :" C'est moche cette dernière phrase. Bon voyage Monsieur".
Vous me répondez : "Ben je sais. Je suis moche moi-même :-("
Puis encore : "Sorry rien de méchant. Juste très peur de l'attachement. :-)"

Ensuite vous vous êtes envolé pour le soleil d'Afrique.
Moi je suis restée les larmes aux yeux à Lausanne sous la pluie.
Par Coquillage - Publié dans : Monsieur
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