Dimanche 9 mars 2008
7
09
/03
/Mars
/2008
20:47
J'ai rencontré cet homme par un site de rencontres. Un site plutôt chic et cher. Un site qui calcule le taux de compatibilité entre femmes et hommes et te propose ensuite les profils les présentent
la meilleure correspondance avec toi. Ou du moins avec le test que tu as fait.
Monsieur, présentait un taux de compatibilité de 89%. Je l'ai contacté en lui proposant un petit jeu. Un badinage. Quatre questions drôles ou sérieuses pour lancer la discussion en somme. Il a
accepté de jouer. Je lui ai répondu ... le contact était lancé. C'était le 30 janvier 2008. Le jour même, il m'a donné l'accès à sa photo. Honnêtement ? Pas un visage exceptionnel. Des lèvres trop
minces. Trop étroites. Serrées en un léger sourire qui reste froid. Quelque chose de sévère dans le regard.
Nous nous sommes rencontrés le 7 février 2008. En réalité, nous avions rendez-vous le mercredi 6. Mais il a annulé quelques heures avant. Une réunion soudaine... Il m'a donc proposé une rapide
rencontre, entre 18 et 20h00, le jeudi. Après, il avait un souper d'affaires...
Je savais déjà qui il était. J'avais interrogé Google sur son nom. Des pages et des pages d'informations. Cadre important dans une importante organisation. Mais ce qui m'intéressait, c'était la
sensibilité qui ressortait de ses photos. Il m'avait communiqué l'adresse de son site de photos. J'étais sous le charme. J'aimais sa délicatesse, sa vision, son sens de l'humour, sa discrétion.
Quand il est entré dans le bar je l'ai reconnu tout de suite. Et tout de suite, mes mains se sont mises à trembler. Il m'a saluée, a esquissé un baise-main. J'ai oublié nos premiers mots. Il m'a
dit qui il était. Expliqué son travail. M'a dit qu'en réalité il n'allait jamais sur ce site de rencontres. Qu'il avait ouvert un profil un soir de décembre. Un soir de coup de blues. La solitude
des nuits de Noël sans doute. Il m'a dit qu'il pensait un jour quitter son job. Quitter la Suisse et retourner en Afrique. Je me souviens que déjà j'ai ressenti une boule à l'estomac. La perte.
J'avais l'impression qu'il s'ennuyait. Je ne l'intéressais pas.
On s'est séparé sur le trottoir. Il partait à son souper. Je le quittant, je lui ai lancé "Je suis une fille qui réserve des surprises ...". Juste pour le retenir encore un peu. Pour
l'intriguer.
Arrivée chez moi, je lui ai écrit :
Ce que je n'ai pas réussi à percevoir ? Si cette légère distance dans l'approche était due au stress d'une rencontre de ce type, à un manque d'intérêt, à ce drôle d'endroit
pour une rencontre ... Et je reste perplexe par rapport à votre démarche : je ne sais pas s'il est possible de rencontrer quelqu'un (je veux dire rencontrer vraiment, c'est-à-dire découvrir,
connaître) si l'on n'est pas déterminé à lui faire de la place dans sa vie. Je dis ça parce que :
"L'amitié, comme l'amour, demande beaucoup d'efforts, d'attention, de constance, elle exige surtout de savoir offrir de que l'on a de plus cher dans la vie : du
temps."
Voilà. Juste une petite réflexion nocturne ...
Je vous reverrai volontiers un soir. Pour un dîner (=souper) ...
Il m'a invitée le lendemain à manger chez lui.
C'était vendredi 8 février 2008. Il semblait peu à l'aise. Pas habitué. Emprunté. J'ai aimé chez lui. Livres. Disques. Souvenirs de tant de voyages. On s'est installé sur le canapé. Un petit
mètre nous séparait. Il avait prévu du champagne. Des bougies étaient allumées. Mais il m'a bien précisé que ça n'était pas pour me séduire. Qu'il aimait le champagne et les bougies. De toute la
soirée, il a approché deux ou trois fois sa main de mon bras. C'est tout.
Moi ? Moi je regardait le bouton supérieur de sa chemise. Fermé. J'étais obsédée par l'idée d'ouvrir ce bouton et de toucher sa peau. J'ai pas osé. Il a beaucoup parlé. De lui. De son travail. De
ses voyages. Il ne m'a rien demandé. Rien sur moi. Rien sur mes goûts. Rien sur mes envies et mes rêves. Rien. A minuit épuisée de tant de tensions et de trop de champagne j'ai voulu rentrer chez
moi. Il m'a accompagnée au parking. Je l'ai reconduit chez lui.
Je suis rentrée chez moi perplexe. Je ne saisissais pas qui était cet homme. Puis est venue la tristesse. L'envie de le revoir. De le toucher. Alors que lui ai écrit un poème. Je lui ai avoué mes
envies.
Je lui ai envoyé mon poème le mardi 12 février 2008 dans la soirée. A 1h00 du matin, il m'a envoyé un SMS. Pour me dire que lui aussi avait eu cette envie. Que lui non plus n'avait pas osé. Le
lendemain matin, il m'invitait chez lui le soir même. S'excusait de devoir me recevoir dans un appartement sans électricité. Il avait oublié de payer sa facture. Je lui ai apporté un paquet de
bougies. Il m'attendait sur le trottoir. A frôlé mes lèvres. Nous sommes montés chez lui en bavardant. Pur remplissage. Dans la cuisine, il a voulu me servir quelque chose à boire. Puis a changé
d'avis. S'est approché. Nous étions face à face. Joue contre joue. Nous avons fait l'amour dans sa chambre. Puis au salon. J'ai joui tant de fois. Lui ne venait pas. Sur son canapé, je lui ai
fait une fellation. Je l'ai entendu me demander si je voulais, dire que j'étais folle. Il est venu dans ma bouche. J'ai avalé un peu. Je suis rentrée chez moi tard dans la nuit. Triste et
heureuse. Ne sachant pas si je le reverrais.
Le lendemain, 14 février 2008. Aucune nouvelle. Vendredi 15 un petit SMS. Puis deux semaines de silence. La tristesse bien sûr. Les larmes bien sûr. Puis essayer d'accepter de n'avoir été qu'un
coup.
Puis des SMS le dimanche 2 mars 2008. Un baiser virtuel sur mon ventre. Il parle de l'envie de moi.
Puis mercredi 5 mars 2008. A 18h00 un SMS me proposant un verre chez lui. J'y cours. Bien sûr. Il m'enlace bien sûr. Nous faisons l'amour bien sûr. Soudain, il est derrière moi. Je l'entend dire
"je n'arrive pas, je n'arrive plus à me retenir". Il joui. Mais s'est retiré avant. Je lui demande pourquoi. Il me répond "c'est compliqué". Une légère crampe à l'estomac. Cet homme pourrait-il
me mettre en danger sans le moindre égard?
Samedi 8 mars 2008 il m'écrit qu'il aura du temps dimanche 9. Un moment dans l'après-midi. Dimanche 9 mars 2008, à midi, il m'annonce qu'il ne peut pas me voir. Qu'il a soudain du travail.
Je sais va. Je suis sotte. Mais si triste.